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leur sert de truelle. La société fait la digue en commun, et avec un zèle égal; elle se sépare ensuite en plusieurs compagnies pour construire les maisonnettes. Il y en a qui contiennent quatre, six, et meme jusqu’à trente Castors, suivant la grandeur de l’habitation. Chacun a sa femelle, et tous vivent dans la plus grande union.
Les provisions d’écorces tendres qu’ils font dans l’automne pour l’hiver, et qu’ils tiennent dans de petits magasins séparés sont respectées de leurs voisins, et dans les beaux jours on les voit les pieds de devant appuyés sur le bord de la fenêtre de leur appartement qui donne sur l’eau; là ils respirent la fraîcheur ou prennent un bain, et s’ils apperçoivenl quelqu’ennemi, ils frappent sur l’eau avec leurs larges queues; ce bruit retentit d’un bout à l’autre du petit village; tous ses babitans se jettent à l’instant à l’eau, et plongent pour éviter les poursuites de leurs persécuteurs.
Mais quels sont donc les médians qui peuvent persécuter ces êtres intéressans? Ces médians sont des hommes, qui les poursuivent pour leur belle fourrure.
Que deviendront ceux qui échapperont au fer du Chasseur ? lié.las ! ils vont errer ; ils auront peut- être le courage de sé réunir au bout de quelque tems, de venir au commencement de l’été relever les habitations qui n’auront pas été dévastées, ou d’en aller construire de nouvelles dans des lieux éloignés, déserts, et peut-être incommodes; mais la plupart effrayés, isolés, iront se creuser un

