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suzerain ; la mort s'épie peut les affran­chir. Semblables aux troupeaux quils engraissent, on les donne en présent, en échange ; on se les passe de main en main, comme les fruits du sol : leur exis­tence est toute passive.

Les prêtres portent la barbe, les che­veux longs 5 ils se couvrent la tête dun bonnet noir, dont le haut sélève en pointe, et le bas descend sur le dos. Le clergé russe jouit du travail de près dun million de paysans attachés à son service. Ces paysans ne se rasent point la barbe.

La richesse de la Russie est immense; ses manufactures sont très-nombreuses et de toute espèce.

Le luxe est grand dans toutes les villes de la Russie, et surtout à Moscou, qui était autrefois capitale de la Moscovie, proprement dite, et la résidence de lem­pereur; maintenant cest Saint-Péters­bourg.

Le nombre de ses liabitans est très- considérable, si lon y comprend les deux Tartaries. Le dénombremen t complet de toutes les Russies se monte à peine à vingt millions dhommes, et à peine en compterait-on un million dignes de figu­rer parmi les peuples policés de lLu- xope; les autres végètent comme autre-