Un vieux rat disoit à son fils : Mon en­fant, prends bien garde à toi ; ne marche quavec la plus grande précaution ; car lhomme et le chat, nos ennemis mortels, nous tendent des pièges de tous côtés :, tu trouveras une cage de fer ou une boîte contenant quelque friandise ; crains d'y mettre seulement le bout du nez ;* fuis , au contraire, au plus vite : ici ce seront quelques petites boulettes dune odeur appétissante ; je ten conjure, ne te laisse point tenter, car c'est un poison terrible qui donne la mort à ceux qui savisent d'y toucher : ail­leurs, tu seras tout-à-coup surpris par quel­quun de ces monstres à lœil faux , au long poil, que l'on nomme chats. Voilà les dan­gers que lu as à courir , mon fils : te voilà averti ; si tu péris, ce sera ta faute.

O mon pèie ! s'écria le jeune rat, soyez sans inquiétude ; sera bien fin qui mat­trapera , et le chat ne me fait pas plus de peur que la souricière. En même temps il décampa , dans la crainte dentendre un nouveau sermon.

Comme il sortoit de son trou, il sent une