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pris lhabitude. Toutes les jolies choses que lon donnait à Victor passaient entre ses mains ; et ce fut dabord sa seule dupe ; mais à lâge de dix ans , on les envoya chez un habile professeur de langue latine , et bien­tôt il mit à contribution tous les enfans de sa classe ; tantôt cétaient des échanges il gagnait toujours, tantôt de petits pré­sens quil avait ladresse de se faire rendre au double.

M. Dorville avait souvent reproché à Victor le peu de soin quil avait de ce qui lui appartenait ; il supposait que tous ses jouets étaient perdus ou brisés aussitôt quil les avait reçus : ce bon enfant souf­frait en silence cette réprimande, plutôt que de trahir son ami. Lorsquon deman­dait compte à Henri des objets quil devait avoir, il allait les chercher et les présen­tait à son oncle dans le meilleur état ; ce qui lui attirait des éloges et des récom­penses.

M. Dorville nen était pas aussi content sur un autre article; les deux enfans rece­vaient trente sous par semaine pour leurs