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qu’elle voulait la braver; et, sensible à ce procédé, elle l’entra vraiment affligée. Blanche , qui ne la vit plus dans le jardin, cessa d’affecter une gaieté qui n’était pas dans son coeur ; elle retomba dans sa tristesse , et les deux soeurs se couchèrent sans se parler.
Quelle nuit elles passèrent l’une et l’autre! Elles étaient agitées comme quand on a la fièvre : leur bonne les entendait soupirer , et leur demanda plusieurs fois si elles étaient malades? Ce ne fut que vers le matin qu’elles reposèrent un peu : elles se levèrent pâles et les yeux battus; et Blanche, qui voulait éloigner sa bonne, la pria de lui faire une tasse de thé : elle sortit en disant qu’elle en apporterait deux , puisque Cécile paraissait en avoir aussi besoin.
Ces deux aimables enfans lurent à peine seules, qu’elles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre en versant un torrent de larmes. — Pardonne-moi, ma bonne soeur, s’écria Blanche; combien j’ai été méchante et injuste! Ai-je pu croire qu’une amitié

