ni

trer dans un enfant.C'est, madame, le fruit de ce que jai vu lannée dernière : une sœur de maman a fait chez elle une grande maladie ; elle recevait tous les soins quon lui donnait avec humeur et impa­tience j tantôt elle refusait de prendre les remèdes que le médecin ordonnait, et ré­sistait à toutes les prières ; un moment après , elle se plaignait quon ne lui don­nât rien pour la soulager : souvent elle exagérait ses douleurs, et faisait des plain­tes qui désolaient ma pauvre maman 5 elle la grondait sans cesse : si elle était triste , elle nétait guère propre à dissiper une naïade; si elle souriait, elle avait bien peu de sensibilité de ne pas prendre pins de part à ses maux. ÎVla tante fut long­temps à la diète ; elle ne pouvait souffrir que les autres mangeassent, et il fallait se cacher delle pour prendre nos repas. On ne la servait jamais à son gré : le bouillon quon lui présentait était toujours trop chaud ou trop froid ; le moindre bruit la mettait en fureur ; enfin elle tourmentait le jour et la nuit tous ceux qui lapprochaient.