163
m’ont tourné le dos, en se moquant de moi et de ma science ; elles se sont mises à jouer sans s’occuper de moi : cependant les plus malignes venaient de temps en temps me demander, d’un air moqueur, si le bruit qu’elles faisaient ne m’empêchait pas de méditer sur ma grammaire ? Il faut avouer, ajoutait Emilie, que mademoiselle est bien déplacée parmi des enfans ; je suis surprise qu’elle ait l’indulgence d’assister à nos jeux. Enfin, il n’y en a pas une qui ne m’ait dit quelque chose de piquant.
M m0 SINCLAIR.
Avant de dire à mon Emma ce que je pense de cette petite aventure, je voudrais qu’elle me communiquât, avec sa franchise ordinaire, les réflexions qu’elle lui a fait faire.
EMMA.
Maman , j’ai pensé que si je n’avais pas effrayé toutes mes amies en faisant parade de ma science, je me serais bien plus amusée que dans le coin où je me suis retirée et où j’étais la triste spectatrice de leurs plaisirs. Cependant, maman, quand on

