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Cette idée la mortifiait dautant plus quelle ne pouvait goûter que sa conversation et celle de son père. Les jeunes gens quelle rencontrait dans le monde lui paraissaient si insignifians , leurs propos si décousus , leurs complimens si fades , quils lui cau­saient un ennui mortel.

M. de M*** observa, pendant un an, ce qui se passait sous ses yeux ; il devina le dépit secret de sa fille , et sut apprécier la délicatesse dun jeune homme qui, nour­rissant au fond de son coeur une passion sans espérance , la combattait courageu­sement par les armes les plus sûres, la dé­fiance de soi-même et la fuite des occa­sions. Charmé de la conduite de son asso­cié, décidéà faire son bonheur, M. deM ++ * voulut cependant lui faire subir une der­nière épreuve, et sassurer en même temps des sentimens de sa fille, quil ne faisait que soupçonner. Un jour il s'enferma avec elle dans son cabinet , et lui parla ainsi : Lâge et les infirmités mavertissent, chère Eudoxie, de songer à vous établir; je quit­terai la vie sans regret, si je vous laisse sous