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vous aime plus que moi-même. Je refpefte votre repos & je vais après cet entretien ache­ver loin de vous de trilles jours que je vous facrifie.

Non, don Alvar, non, m'écriai-je à ces pa­roles ! Le ciel ne vous a point amené ici pour rien, & je ne fouffrirai pas que vous me quit­tiez une fécondé fois. Je veux partir avec vous. Il ny a que la mort qui puiffe déformais nous féparer. Croyez-moi, reprit-il, vivez avec don Ambrofio. Ne vous aflociez point à mes malheurs. Lailfez men foutenir tout le poids. Il me dit encore dautres chofes femblables ; mais plus il paroiffoit vouloir simmoler à mon bonheur, moins je me fentois difpofée à y con- fentir. Lorfquil me vit ferme dans la réfolu- tion de le fuivre, il changea tout à coup de ton, & prenant un air plus content: Madame, me dit il, elt-il poflible que vous foyez dan» les fentimens vous paroilfez être ? Ah ! puif- que vous maimez encore alfez pour préférer ma mifère à la profpérité vous vous trouvez, allons donc demeurer à Bctancos dans le fonds du royaume de Galice. Jai une retraite aflurée. Si mes difgraces mont oté tous mes biens, elles ne mont point fait perdre tous mes amis. 11 men relie encore de fidèles, & qui mont mis en état de vous enlever. Jai fait faire un caroffe à Zamora par leur fecours. Jai acheté des mules & des chevaux, & je fuis accompagné de trois Galiciens des plus réfolus. Ils font armés de carabines & de piftolets, & ils attendent mes ordres dans le village de Rodil-