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s’établirent à Olmédo, en Ce mariant avec des filles de laboureurs, qui leur apportèrent en mariage peu de bien, mais en réeompcnfe upc grande fécondité. Elles firent des en- fans comme à l’envi l’une de l’autre. Ma mère, femme du barbier, en mit au monde fix pour fa part dans les cinq premières années de fon mariage. Je fus du nombre de ceux-là. Mon père m’apprit de très-bonne heure à rafer; & lorfqu’il me vit parvenu à l’âge de quinze ans, il me chargea les épaules de ce fac que vous voyez, me ceignit d’une longue épée, & me dit : -Va, Diégo, tu es en état préfentement de gagner ta vie ; va courir le pays. Tu as befoin de voyager pour te dégourdir & te perfectionner dans ton art. Pars, & ne reviens à Olmédo qu’après avoir fait le tour de l’Efpagne. Que je n’entende point parler de toi avant ce tems-là. En achevant ces paroles, il m’embraffa de bonne amitié, te me pouffa hors du logis.
Tels furent les adieux de mon père. Pour ma mère, qui avoit moins de rudeffe dans fes mœurs, ellé parut plus fenfible à mo« départ. Elle laiffa couler quelques larmes, & me glifî'a même dans la main un ducat à la dérobée. Je fortis donc ainfi d’OImédo, & pris le chemin de Ségovie. Je n’eus pas fait deux cens pas, que je m’arrêtai pour vi- fiter mon fac. J’eus envie de voir ce qu’il y avoit dedans, & de connoître précisément ce que je pofl'édois. J’y trouvai une troulfe où étoient deux rafoirs qui fembloient avoir

