236 Histoire de Gu Bus ton cara&ère quil faut garder un procédé généreux. Et quand même je voudrais te fauver, le devoir de ma charge ne le per- mettroit pas. Lorfquil eut parlé de cette forte, il nous fit enfermer dans un cachot, il ne laifîa pas languir mes compagnons.

Ils en fortirent au bout de trois jours pour aller jouer un rôle tragique dans la grande place. Pour moi, je demeurai dans les pri- . fons trois femaines entières. Je brus qu'on * ne différoit mon fupplice, que pour le ren­dre plus terrible, & je mattendois enfin à un genre de mort tout nouveau, quand le corrégidor mayant fait ramener en fa pré- fence, me dit: Ecoute ton arrêt. Tu es li­bre. Sans toi mon fils unique auroit été afîafi- liné fur les grands chemins. Comme père, jai voulu reconnoître ce fervice, & comme juge, ne pouvant tabfoudre, jai écrit à la cour en ta faveur. Jai demandé ta grâce, & je lai obtenue. Va donc il te plaira. Mais, ajouta- t-il, crois-moi, profite de cet heureux évène­ment. Rentre en toi-même, & quitte pour ja­mais le brigandage.

Je fus pénétré de ces paroles, & je pris la route de Madrid dans la réfolution de faire une fin, & de vivre doucement dans cette ville. Jy ai trouvé mon père & ma mère morts, & leur fucceffion entre les mains duB vieux parent, qui mep a rendu un compte fidèle, comme font tous les tuteurs. Je nen ai pu tirer que trois mille ducats, ce qui peut-être ne fait pas la quatrième partie de

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