de Santillane. 289

Je fentis que javois affaire à un homme qui favoit auffi bien fe défendre, quattaquer; & je rie fais ce quil en feroit arrivé, sil neût pas fait un faux pas en reculant, & ne fût tombé à la renverfe. Je marrêtai auffi- tôt, & dis au prince : Relevez-vous. Pour­quoi mépargner ? répondit-il. Votre pitié me. fait injure. Je ne veux point, lui répli­quai-je, profiter de votre malheur. Je ferois tort à ma gloire. Encore une fois relevez- vous, & continuons notre combat.

Don Pompéyo, dit-il en fe relevant, après ce trait de générofité, lhonneur ne me per­met pas de me battre contre vous. Que di- roit-on de moi, fi je vous perçois le cœur? Je pafferois pour un lâche, davoir arraché la vie à un homme qui me la pouvoit ôter. Je ne puis donc plus marmer contre vos jours, & je fens que la recor-noiffance fait fuccéder de doux tranfports aux mouvemcns furieux qui magitoient. Don Pompéyo, continua- t-il, cefions de nous haïr lun lautre. PafTons même plus avant. Soyons amis. Ah ! fei- -gneur, mécriai-je ! jaccepte avec joie une propofmon fi agréable. J e vous voue une ami­tié fincere ; & pour commencer à vous en donner des marques, je vous promets de ne- plus remettre le pied chez Dona Hortenfia, quand elle voudroit me revoir. Cefl moi, dit-il, qui vous cède cette dame. Il eft plus jufte que je vous labandonne, puifquelle a naturellement de linclination pour vous. Non, non, interrompis-je, vous laimez. Les bon- Tms I.. B b tés