VI

AVANT-PROPOS.

religieux de notre auteur. Elle a pour titre lEnfant mourant:

Ma mère, je suis las, et le jour va finir,

Sur ton sein bien-aime', laisse-moi mendormir; Mais cache-moi tes pleurs, cache-moi tes alarmes; Tristes sont tes soupirs, brûlantes sont tes larmes. Jai froid. Autour de nous regarde: tout est noir; Mais lorsque je mendors cest un plaisir de voir Lange au front rayonnant qui devant toi se lève, Et les rayons dore's qui passent dans mon rêve.

Nentends-tu pas des chants, des chants harmonieux Tels quun jour nous devons en écouter aux cieux? Lange est à nos côtés, il mappelle, il mattire,

Je lentends qui me parle et je le vois sourire.

Je vois de toutes parts dadmirables couleurs:

Cest lange aux ailes dor qui me jette des fleurs. Dans ce monde, ma mère, aurai-je aussi des ailes? Ou bien faut-il mourir pour les avoir si belles?

Pourquoi me presses - tu tristement dans tes bras ? Pourquoi ces longs soupirs que je ne comprends pas? Pourquoi ces pleurs ardents sur ta joue enflammée? Oh! tu seras toujours ma mère bien-aimée.