42
LA PETITE FILLE HAUTE D’UN POUCE.
Le moment où les noces allaient se célébrer arriva. La taupe était déjà venue, et se disposait à emmener la petite dans son habitation souterraine qu’elle ne devait plus quitter, vu que la taupe ne pouvait supporter la clarté du soleil. La pauvre enfant était au désespoir d’être obligée de faire ses adieux à ce beau soleil qu’elle avait eu encore jusqu'alors le bonheur d’entrevoir par la porte de l'habitation de la souris.
«Adieu, brillant soleil! s’écria-1-elle en élevant ses petits bras; et elle put faire quelques pas devant la maison de la souris, car le blé était déjà moissonné, et il n’en restait que le chaume. Adieu! adieu! répéta - t - elle ; et, entourant de ses petits bras une jolie fleur rouge qui se trouvait près d’elle: Salue bien de ma part la petite hirondelle, si jamais tu la rencontres! »
«Quivite! quivite!» Ce cri se lit entendre tout à coup au-dessus de sa tête. La petite leva les yeux; elle aperçut l’hirondelle qui passait justement par là et qui témoignait beaucoup de joie à la vue de la petite fille. Celle-ci lui raconta alors qu’elle allait, bien malgré elle, être forcée d’épouser une vilaine taupe qu’elle ne pouvait souffrir, et occuper un logement souterrain où jamais un rayon de soleil ne pénétrait. Ce récit fut accompagné d’un torrent de larmes.
«L’hiver approche, dit la petite hirondelle, je vais prendre mon vol pour les pays chauds. Veux-tu venir avec moi? tu monteras sur mon dos où tu pourras t’at-

