166

LES CIGOGNES.

Oui, sans doute, répondit celle-ci, jy pen­sais, et voilà ce que je trouve de mieux. Je connais létang auprès duquel sont déposés tous les enfants, afin quune cigogne les apporte à leurs parents. *) Les jolis petits garçons y dorment si agréablement et y font de si jolis rêves, quun sommeil comme celui-, et de semblables rêves, ne peuvent plus se renouveler pour eux. Tous les parents désirent avoir un pareil petit en­fant, et chaque enfant désire avoir un frère ou une soeur. Nous allons donc voler vers létang, afin den rapporter un joli petit frère pour chacun des enfants qui nont pas chanté la vilaine chanson et nont pas vexé les cigognes.

Mais que ferons-nous de ce vilain, de ce dé­testable garçon qui a commencé à chanter? sécrièrent les jeunes cigognes.

Près de cet étang, répliqua la mère, il se trouve un enfant mort-; nous le lui apporterons. Il sera au désespoir de ce que nous lui aurons apporté un frère privé de vie. Jespère que vous navez pas oublié ce bon petit garçon qui disait : « Ce nest pas bien de

tourmenter les animaux. » Nous lui apporterons, à lui,

*) On dit en Allemagne et dans le Nord, que ce sont les cigognes qui apportent les petits enfants dans leur bec; de même que l'on dit, en France, qu'on les trouve sous un cliou.