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LES CIGOGNES.
— Oui, sans doute, répondit celle-ci, j’y pensais, et voilà ce que je trouve de mieux. Je connais l’étang auprès duquel sont déposés tous les enfants, afin qu’une cigogne les apporte à leurs parents. *) Les jolis petits garçons y dorment si agréablement et y font de si jolis rêves, qu’un sommeil comme celui-là, et de semblables rêves, ne peuvent plus se renouveler pour eux. Tous les parents désirent avoir un pareil petit enfant, et chaque enfant désire avoir un frère ou une soeur. Nous allons donc voler vers l’étang, afin d’en rapporter un joli petit frère pour chacun des enfants qui n’ont pas chanté la vilaine chanson et n’ont pas vexé les cigognes.
— Mais que ferons-nous de ce vilain, de ce détestable garçon qui a commencé à chanter? s’écrièrent les jeunes cigognes.
— Près de cet étang, répliqua la mère, il se trouve un enfant mort-né; nous le lui apporterons. Il sera au désespoir de ce que nous lui aurons apporté un frère privé de vie. J’espère que vous n’avez pas oublié ce bon petit garçon qui disait : « Ce n’est pas bien de
tourmenter les animaux. » Nous lui apporterons, à lui,
*) On dit en Allemagne et dans le Nord, que ce sont les cigognes qui apportent les petits enfants dans leur bec; de même que l'on dit, en France, qu'on les trouve sous un cliou.

