LE COMPAGNON DE VOYAGE.
311
il ne s'éveilla que lorsque le soleil se levait et que tous les petits oiseaux chantaient à la ronde: «Bonjour! bonjour! n'es-tu pas encore levé!»
Les cloches appelaient les fidèles à l’église: c’était le jour du Seigneur. Les fidèles s’en allaient entendre le prédicateur; Jean les suivit, chanta un psaume et entendit la parole de Dieu. Il lui semblait être dans l’église où il avait été baptisé et où il avait chanté des psaumes avec son père.
Autour de l’église se trouvait le cimetière qui était couvert de tombes sur plusieurs desquelles croissaient de grandes herbes. En les voyant, il pensa à celle de son père qui leur ressemblait peut-être, parce qu’il n’y avait personne pour en arracher les herbes parasites et l’orner de fleurs. En conséquence il s’assit devant une de ces tombes, et se mit à en arracher l’herbe; puis il redressa la croix de bois qui était tombée, et remit à leur place les guirlandes que le vent avait enlevées, en pensant: «Peut-être un autre homme fera-1-il la même chose à la tombe de mon père, puisque je ne puis pas le faire moi - même. »
Devant la porte du cimetière se tenait un vieux mendiant appuyé sur sa béquille. Jean lui donna les schillings qu'il avait, et, heureux et content, il continua son voyage.
Sur le soir, un orage s’éleva à l’horizon; notre pèlerin hâta le pas pour gagner un gîte, mais il fit bientôt
*

