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la laborieuse comtesse avait quelquefois tant de travaux à faire, quil lui arrivait souvent de pro­longer ses veilles fort tard. En outre, plusieurs daines charitables, sur les sollicitations de ce ser­viteur dévoué, envoyaient dassez abondants secours en vivres. La mort de Jacques fit tarir ces res­sources: la diminution de la recette par le manque de commandes et la suspension des secours ne per­mirent plus de faire face aux dépenses nécessaires. Les privations de toute espèce affaiblirent tellement la santé de Mathilde, quelle ne pouvait plus marcher quà laide dun bâton. A la fin, elle se trouva si abattue, quelle fut forcée, durant plusieurs semaines, de garder le lit. Pourtant quelques faibles secours, venus à propos, ranimèrent un peu ses forces ou plutôt son courage; elle se leva, et, vêtue de sa robe de grand deuil, couverte dun voile noir, appuyée sur un bâton, elle sortit de sa cabane, sassit sur un banc de mousse, et plaça sa corbeille à ouvrage à côté delle. «O mon Dieu,« dit-elle en relevant son voile et jetant autour delle un re­gard de mélancolique satisfaction, »il y avait si long­temps que je ne métais trouvée sous ce beau ciel dazur! depuis long-temps je nai vu le vert feuillage des arbres quà travers les étroites fenêtres de ma