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bergère en ouvrant aussitôt son panier à bras, dont elle tira du pain, une cruche de grès et une écuelle de terre. "Prenez, mangez,« dit-elle; »ce pain est excellent; voici du lait de brebis,« et elle lui en versa dans lécuelle. «Buvez, il est doux et agréable. Voici encore quelques fruits, votre jeune demoiselle doit les aimer; tenez, ma chère petite, prenez-les; et voici encore un peu de pain.«

Mathilde et Agnès mangèrent avec délices le dé­jeuner qui leur venait dune manière si inattendue; puis Mathilde, serrant affectueusement la main de la jeune bergère, lui dit avec émotion: «Je te re­mercie, ma bonne enfant; tu es pour moi un ange du ciel que Dieu ma envoyé au fort de ma détresse. Ta bonté ma sauvé la vie; sans toi je serais morte de faim.»

La bergère interrompit ces témoignages de re­connaissance par cette question: «Mais comment vous trouvez-vous dans cette partie stérile et ab­solument déserte de la montagne? comment pouvez- vous vivre dans cette misérable butte, si loin de toute société humaine? Vous êtes pauvres et infor­tunées, venez avec moi, je vous conduirai dans une contrée habitée par de bonnes gens qui ne vous laisseront pas sans secours.»