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ignore elle-même mon vrai nom. Écoutez-moi, et tout va séclaircir.»

Mathilde raconta alors à lattentif ermite tous les événements de sa vie, depuis son mariage avec le chevalier Adelbert, jusquà la mort de son vieil et fidèle domestique Jacques; puis elle termina ainsi: «Après la perte de ce brave homme, nous avons vécu, ma fille et moi, dans la plus affreuse misère. Cependant jadore les décrets de la divine Providence. 11 vaut mieux être pauvre et juste, que riche et criminel.**

Ce récit toucha le bon père Benno jusqu au fond du coeur; il ne put lentendre sans verser des larmes dattendrissement. «Dieu de bonté,« se disait-il, «quelle joie ces deux époux auront de se retrouver! ils se croient morts réciproquement, et tous deux se reverront dans ce monde. Que vous savez bien consoler les affligés, ù céleste Père des hommes! faites-moi la grâce de pouvoir lui apprendre son bonheur sans quelle en meure de joie!**

Puis, sadressant à Mathilde, il lui dit: «Noble dame, vous ne sauriez vous faire lidée de la féli­cité que jéprouve à vous assurer que vos malheurs sont finis. Grimmo de Durcoin, votre persécuteur, nexiste plus: dans un combat à outrance avec le