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escarpés et franchir dun saut les précipices. Don­nez le luth à ma fille, prenez votre bâton et votre manteau, et partons au plus vite.«

»I)e grâce, laissez-moi encore quelques instants ce luth entre les mains,» répliqua Benno. «Ce luth est à mes yeux un objet sacré, car Dieu sen est servi pour amener de grandes choses. Apprenez avec un saint respect les voies admirables de la divine Providence. Sans ce chétif morceau de bois, votre retraite serait restée complètement ignorée, jamais je naurais eu le bonheur de vous arracher à lexil et à la misère, jamais je naurais su que lépouse du chevalier Adelbert existait encore et quelle habitait cet affreux désert; car, si vous naviez pas eu ce luth, vous nauriez pas appris la musique à votre fille, et elle naurait pu avoir lidée daller gagner sa subsistance et la vôtre en faisant entendre dans les hameaux des montagnes son luth et sa voix. Ce matin, votre époux mavait chanté une romance que vous lui aviez apprise. Une heure après, une petite joueuse de luth en chanta un couplet. Cette circonstance ma frappé, vos faux noms ont failli me dérouter, cela vous montre com­bien il est dangereux de cacher la vérité; mais nimporte, je vous ai trouvée. Ce luth et le chant

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