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La réponse du comte arriva bientôt. Gérard était auprès d’Hirlanda: c’était un de ces moments où il prenait plaisir à lui faire subir ses reproches insolents, auxquels elle ne savait opposer que des pleurs. Il ne douta point que la lettre d’Arthur ne vint à propos seconder ses projets, et il en fit lecture à haute voix. Ce fut un coup terrible pour l’infortunée comtesse. Elle sentait dès lors s’évanouir toute espérance de jours plus heureux, puisque sans l’avoir entendue se justifier, son époux l’accusait d’avoir manqué à ses devoirs.
Une nouvelle maladie, aussi dangereuse que la première, fut le résultat des mauvais traitements dont l’accablait Gérard. Que de fois, pendant ses jours d’angoisses, la pauvre femme regretta de n’être point née obscure et cachée dans le peuple, paysanne ignorante et grossière, mais du moins heureuse du morceau de pain noir qu’elle aurait gagné par un dur travail.
Les femmes qui la servaient, entendaient ses plaintes douloureuses, mais, au lieu de chercher à la consoler, ces viles créatures, corrompues par l’argent de Gérard, ne lui témoignaient qu’une indifférence méprisante, et semblaient ne lui obéir qu’à regret.
L’une d’elles vint un jour lui apprendre secrètement que Gérard avait reçu de son frère l’ordre de la faire mourir; elle accompagna celte fausse confidence d’une comédie de larmes et de désespoir si bien jouée, qu’on eût dit que c’était elle-même que l’arrêt fatal allait frapper. Hirlanda, en proie à la plus affreuse

