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penser tout ce quelle eut à endurer de privations et de souffrances pendant ce long espace de temps.

Un jour quelques gentilshommes du voisinage réso­lurent daller visiter une chapelle célèbre par les mi­racles qui sy opéraient journellement, auprès de lab­baye du mont Saint-Michel. Le comte Arthur se joignit à eux par désoeuvrement; mais il ne se montra pas le moins dévot pour accomplir sa part des voeux que sétaient imposés les pèlerins.

Au retour, un dentre eux, le chevalier Olivier, se sépara de ses compagnons, voulant profiter, dit-il, de cette occasion pour visiter sa tante qui vivait retirée du monde dans un château solitaire situé au milieu des bois, sur la frontière de Normandie.

Le chemin quil suivit pour sy rendre lui était peu connu; il ne tarda pas à ségarer dans les profondeurs de la forêt. Tandis quil errait çà et, cherchant vai­nement à sorienter, il entendit tout-à-coup des mugis­sements qui décelaient le voisinage dun troupeau de vaches. Il hâta le pas de son cheval du côté dou étaient venus ces mugissements, et bientôt il aperçut le troupeau avec une jeune femme qui veillait à sa garde.

»Mon enfant, lui cria Olivier, pourriez-vous min­diquer la route qui mène au château?» La paysanne lui répondit quil ny avait point de sentier praticable dans cette partie de la forêt, mais que sil le voulait bien, elle allait elle-même le conduire.

Olivier accepta ces offres, et peu de temps après, il descendait de sa monture fatiguée à la porte du ma-