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réalité quune pauvre fille de village, orpheline dès son enfance. Mais, au lieu de lécouter, le chevalier demanda à sa tante depuis quelle époque linconnue était à son service; cet espace de temps se trouva daccord avec la date de la fuite dHirlanda. Il ny avait donc plus de doute admissible, et elle fut obli­gée davouer la vérité; mais elle se jeta aussitôt aux pieds dOlivier, le suppliant avec larmes de garder ce triste secret, et de la laisser oubliée dans lobscurité elle vivait en repos, sinon heureuse. Elle navait, disait-elle, jamais éprouvé quun seul cuisant regret, celui de penser quArthur, son époux bien-aimé, pou­vait la croire coupable.

Olivier sempressa de lui protester que son époux la recevrait avec joie, persuadé quil était de son inno­cence et de ses vertus.

Pressé de porter cette bonne nouvelle, il partit à franc étrier, et fit une telle diligence, quil rejoignit Ar­thur très-promptement. Celui-ci paraissait plus triste quà lordinaire, car, aussitôt quil se trouvait seul, ses pensées, ses regrets, ses souvenirs se concen­traient sur un seul objet, et le nom dHirlanda était aussi le seul qui séchappât de son morne silence. Olivier, pressé darriver au but, fit tomber lentretien sur la comtesse. »Je puis vous assurer, lui dit-il, quelle existe encore; modérez donc votre douleur; car cest à moi-même que Dieu accordera le bonheur inespéré de la ramener dans vos bras...»

«Hélas! ami, je ne saurais vous'croire, et à sup­poser que ce que vous me dites fût vrai, qui donc