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ce ne fût le sien, et Arthur avait partagé cette croyance.
Il y avait pour toute sa vie une immense douleur dans la pensée que cette séparation pouvait être éternelle.
Lorsqu’il fallut partir, Hirlanda quitta, tout en pleurs, ce château solitaire, dontles murs hospitaliers avaient été, durant de si longues années, les seuls confidents de ses chagrins. Elle s’éloigna comblée des voeux et des bénédictions de tous ceux qu’elle y laissait.
Arthur vint au-devant d’elle, accompagné d’un brillant cortège. Il mit pied à terre, du plus loin qu’il l’aperçut venir, et se mit à pleurer en lui tendant les bras. Hirlanda s’y jeta précipitamment, et les époux se tinrent long-temps embrassés, sans autre langage que des soupirs et des sanglots.
Le cortège rentra au château au milieu des cris de joie des vassaux et des serviteurs accourus de toute part. Arthur marchait à la droite d’Hirlanda qui avait à sa gauche le chevalier Olivier. La comtesse adressait des signes affectueux à la foule empressée sur son passage; elle pria son époux d’accorder en réjouissance de cet heureux jour d’abondantes aumônes aux indigents dont la veille elle partageait encore la triste existence.
Lorsque les deux époux se furent retirés dans leur appartement, une nouvelle scène non moins touchante se passa entre eux. Hirlanda exprima le désir que,

