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Il savisa dabord décrire à son frère et à sa belle- soeur une lettre de félicitations. Cette lettre astu­cieuse et fausse leur exprimait son regret de ne pou­voir venir personnellement prendre part au bonheur de leur réunion; il ajoutait avec les termes dune dou­leur hypocrite quon lavait cruellement abusé au sujet dHirlanda; mais cétait le fait des calomnies répan­dues contre elle par quelques serviteurs mécontents qui depuis avaient quitté le château. Toutes ces belles phrases finissaient par cette assurance: «Quil se ferait un véritable bonheur de venir, aussitôt que sa santé et ses affaires lui en laisseraient le loisir, se réjouir avec son bien-aimé frère et sa chère belle- soeur de la félicité qui leur était rendue.«

Le messager dont se servit Gérard sut arranger tout au mieux, et réussit si parfaitement à justifier son maître, quil rapporta une réponse dArthur conçue dans les termes jes plus obligeants, et pressant son frère de se décider à un petit voyage.

Hirlanda lui avait généreusement pardonné au fond de son coeur, et son esprit était si peu accessible à toute idée de perfidie, quelle neût pu se résoudre à supposer que larrivée de son beau-frère deviendrait pour elle loccasion de quelque nouveau malheur.

Gérard, qui ne trouva dans la lettre de son frère aucune trace,'aucune expression même douteuse, qui dût lui faire craindre des révélations soupçonnées, ou prêtes à naître, ne songea plus quà poursuivre le cours de ses méchancetés, toujours dans le but de semparer de tous droits à son héritage.