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grande faute en écoutant les premières impressions de mes passions. Béni soit Dieu qui na pas permis que mon imprudence eût des suites plus déplorables ; je len remercierai jusquau dernier jour de ma vie. Mais par quelle pénitence pourrai-je expier le passé?»

»Expiez-le par un ardent amour pour lépouse et le fils qui vous sont rendus.»

»0 mon père! sécria Arthur en tombant à genoux devant le vénérable religieux, je vous demande les hu­miliations de la pénitence, et vous mordonnez ce qui ferait le bonheur dun saint; mais, mon père, la justice de Dieu sera-t-elle satisfaite?»

»La justice de Dieu, reprit labbé, cest de lmour. Dieu est tout amour, et sa sublime religion sappelle charité. Aimez donc, et il vous sera beaucoup pardonné.»

Tous les jours qui suivirent furent consacrés aux délicieuses émotions de la félicité qui venait de re­naître dans la famille dArthur. Le bon abbé navait plus quune maxime à la bouche: »Dieu est bon, mes amis; imitez-le, soyez bons; aimez-le, comme il vous aime, cest toute la loi et toute la religion prêchée dans le saint Evangile de Jésus. Bientôt je ne serai plus de ce monde; mes cheveux ont blanchi, mes membres ont perdu leur vigueur; je nexiste plus que par le coeur. Bertrand, ne cesse point dêtre lenfant dadoption du religieux dont la vie terrestre va sétein­dre. Souviens-toi de lui dans les bons et dans les mauvais jours ; car il espère que Dieu lappellera à lui