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l'AUL
■< ont, appartenu ces deux cabanes? » Il me répondit : « Mon fils, ces masures et ce terrain « inculte étaient habités, il y a environ vingt « ans, par deux familles qui y avaient trouvé « le bonheur. Leur histoire est touchante ; « mais dans cette île, située sur la route des « Indes, quel Européen peut s’intéresser au « sort de quelques particuliers obscurs? qui « voudrait même y vivre heureux, mais pauvre « et ignoré? Les hommes ne veulent connaître « que l’histoire des grands et des rois, qui ne « sert à personne. — Mon père, repris-je, il « est aisé de juger à votre air et à votre dis- « cours que vous avez acquis une grande expé- « rience. Si vous en avez le temps, racontez- « moi, je vous prie, ce que vous savez des an- « ciens habitants de ce désert, et croyez que « l’homme même le plus dépravé par les prête jugés du monde aime à entendre parler du « bonheur que donnent la nature et la vertu. » Alors, comme quelqu’un qui cherche à se rappeler diverses circonstances, après avoir appuyé quelque temps ses mains sur son front, voici ce que ce vieillard me raconta :
« En 1726 , un jeune homme de Normandie,

