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PAT L
déjà sur l’âge, lorsqu’elle ne vous verra plus à ses côtés, à la table, dans la maison, à la promenade où elle s’appuyait sur vous? Que lui dirai-je quand je la verrai pleurer de votre absence? » Virginie voulut me répondre, mais elle ne put que pousser un soupir. Ses yeux étincelaient ; la sueur coulait à grosses gouttes sur son visage, ses genoux tremblaient. J’appelai aussitôt M nit ' de La Tour, Margueriteet Paul, qui étaient assis à quelques pas de là sous des bananiers. Paul était plongé dans la plus profonde afiliction , sa tète altière était baissée, et un torrent de pleurs coulait de ses yeux ; sa mère, mêlant ses larmes aux siennes, le tenait embrassé sans pouvoir parler, M me de La Tour, hors d'elle-même, me dit : « Je ne puis plus y tenir; mon âme est déchirée. Ce malheureux voyage n’aura pas lieu. Il y a huit jours que personne ici n’a dormi. »
Je dis à Paul : « Mon ami votre sœur restera. Demain nous en parlerons au gouverneur : laissez reposer votre famille; et venez passer cette nuit chez moi. Il est tard, il est minuit, la croix du sud est droite sur l’horizon. » Il se laissa emmener sans rien dire, et, après une nuit fort

