de l’akcadie. 161
avec lesquels il est si doux de vivre et de mourir.
— Quoiqu’il soit dilücile , lui répondit ce jeune homme, de parler toujours de soi avec sincérité, vous nous avez fait un si bon accueil, que je vous raconterai volontiers toutes mes aventures, bonnes et mauvaises.
Je m’appelle Amasis. Je suis né àThèbes en Égypte , d’un père riche. Il me fit élever par les prêtres du temple d’Osiris. Ils m'enseignèrent toutes les sciences dont l’Égypte s'honore ; la langue sacrée, par laquelle on communique avec les siècles passés , et la langue grecque, qui nous sert à entretenir des relations avec les peuples de l’Europe. Mais ce qui est au-dessus des sciences et des langues , ils m’apprirent à être juste, à dire la vérité, à ne craindre que les dieux , et à préférer à tout la gloire qui s’acquiert par la vertu.
Ce dernier sentiment crût en moi avec l’âge. On ne parlait depuis longtemps en Égypte que de la guerre de Troie. Les noms d’Achille, d’Hector et des autres héros, m’empêchaient de dormir. J’aurais acheté un seul jour de leur renommée par le sacrifice de toute ma vie. Je trouvais

