DE f.’ARCADIE
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jamais vu Céphas, une sympathie secrète m’attacha d’abord à lui. Ce respectable ami ne chercha point à combattre ma passion favorite , mais, pour l’affaiblir, il lui fit changer d'objet. « Vous aimez la gloire, me dit-il ; c’est ce qu'il y a de plus doux dans le monde, puisque les dieux en ont fait leur partage. Mais comment comptez-vous l’acquérir au siège de Troie? Quel parti prendrez-vous, des Grecs ou desTroyens? La justice est pour la Grèce; la pitié et le devoir, pour Troie. Vous êtes Asiatique : combattrez-vous en faveur de l’Europe contre l’Asie? Porterez - vous les armes contre Priam, ce père et ce roi infortuné, près de succomber avec sa famille et son empire sous le fer des Grecs ? D’un autre côté , prendrez-vous la défense du ravisseur Paris et de l'adultère Hélène contre Ménélas, son époux? Il n’y a point de véritable gloire sans justice. Mais quand un homme libre pourrait démêler, dans les querelles des rois, le parti le plus juste, croyez-vous que ce serait à le suivre que consiste la plus grande gloire qu’on puisse acquérir? Quels que soient les applaudissements que les victorieux reçoivent de leurs compatriotes,

