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EXTRAIT
Quelquefois je pensais qu’ils ne m’avaient préservé des flots que pour me livrer à une mort mille fois plus cruelle.
Cependant j’adressais mes prières à Jupiter, et je goûtais une sorte de repos à m’abandonner à cette Providence infinie qui gouverne l’univers, lorsque les portes de ma cabane s’ouvrirent tout à coup, et une troupe nombreuse de prêtres entra, ayant Tor-Tir à leur tête, tenant toujours à sa main une branche de gui de chêne. Aussitôt la jeunesse barbare qui m’entourait se réveilla, et commença ses chansons et ses danses funèbres. Tor-Tir vint à moi, il me posa sur la tête une couronne d’if et une poignée de farine de fèves; ensuite il me mit un bâillon dans la bouche, et, m’ayant délié de mon poteau, il m’attacha les mains derrière le dos. Alors tout son cortège se mit en marche au bruit de ses lugubres instruments, et deux druides, me soutenant parles bras, me conduisirent au lieu du sacrifice. »
Ici Tirtée, s’apercevant que le fuseau de Cya- née lui échappait des mains, et qu’elle pâlissait, lui dit : « Ma fille, il est temps de vous aller reposer. Songez que vous devez vous lever de-

