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ETUDES

êtes un Dieu caché. Ils vous ont perdu en se perdant. Lordre et la beauté même que vous avez répandus sur toutes vos créatures, comme des degrés pour élever lhomme à vous, sont devenus des voiles qui vous dérobent à leurs yeux malades ; ils nen ont plus que pour voir des ombres. La lumière les éblouit. Ce qui nest rien est tout pour eux; ce qui est tout ne leur semble rien. Cependant qui ne vous voit pas n'a rien vu , qui ne vous goûte point na jamais rien senti : il est comme sil nétait pas, et sa vie entière nest quun songe malheureux.

Moi-même, ô mon Dieu! égaré par une édu­cation trompeuse, jai cherché un vain bonheur dans le système des sciences, dans les armes, dans la faveur des grands, quelquefois dans de frivoles et dangereux plaisirs. Dans toutes ces agitations, je courais après le malheur, tandis que le bonheur était auprès de moi. Quand jétais loin de ma patrie, je soupirais après des biens que je ny avais pas; et cependant vous me faisiez connaître les biens sans nombre que vous avez répandus sur la terre, qui est la pa­trie du genre humain. Je minquiétais de ne tenir ni à aucun grand, ni à aucun corps ; et