DE LA NATURE. 269
avec les distances où ils vivent de nos habitations. L'alouette, qui fait son nid dans nos blés, et qui aime à s’v élever à perte de vue, se fait entendre lors même qu’on ne l’aperçoit plus. L’hirondelle, qui frise, en volant, les parois de nos maisons, et qui se repose sur nos cheminées, a un petit gazouillement doux, qui n’est point étourdissant, comme serait celui des oiseaux de bocages; mais le rossignol solitaire se fait ouïr à plus d’une demi-lieue. Il se méfie du voisinage de l’homme, et cependant il se place toujours à la vue de son habitation et à la portée de son ouïe. Il choisit, pour cet effet, les lieux les plus retentissants, afin que leurs échos donnent plus d’action à sa voix. Quand il s’est établi dans sou orchestre, il chante alors un drame inconnu, qui a son exorde, son exposition, ses récits, ses événements entremêlés, tantôt des sons de la joie la plus éclatante, tantôt des res- souvenirs amers et lamentables, qu’il exprime par de longs soupirs. Il se fait entendre au commencement de la saison où la nature se renouvelle , et semble présenter à l'homme un tableau de la carrière inquiète qu’il doit par
courir.

