quai à faire bâtir celte maison, qui fut trouvée bien entendue. Je rapporte ceci, parce que le récit qu’on en fil à M. Colbert fut cause qu’il songea à moi pour en faire son commis dans la surintendance des bâtiments du roi. I! songea qu’il aurait à faire travailler, non-seulement à achever le Louvre, entreprise tant de fois commencée, et toujours laissée imparfaite, mais à faire élever beaucoup de bâtiments à la gloire du roi, comme des arcs de triomphe, des obélisques, des pyramides. Il prévit qu’il faudrait faire battre quantité de médailles pour consacrer à la postérité la mémoire des grandes actions que le roi avait déjà faites, et voulut, en conséquence, assembler un nombre de gens de lettres et prendre leurs avis. Il avait déjà jeté les yeux sur trois personnes de goût et de talent. Il lui manquait un quatrième : ou lui parla de moi. « Je suis déjà très-content de sa poésie, dit-il; mais il serait bon que je visse sa prose. » Je fis une pièce en prose, sur l’acquisition de Dunkerque, que le roi venait de faire. Elle plut; et, le troisième jour de février, je me rendis chez M. Colbert. Il souhaita que nous nous assemblassions deux fois la semaine, le mardi et le vendredi; et, dès le même jour, il voulut que l’on commençât. Je lus choisi pour tenir la plume, qui m’est toujours demeurée. Le 15 février suivant, un commis de M. Colbert m'apporta une bourse fort propre, dans laquelle il y avait cinq cents écus en or.
« L’intention de M. Colbert était que nous travaillas-

