62

mouches de la bonne faiseuse 1 . Elles appelèrent Cendrillon pour lui demander son avis; car elle avait le goût bon. Cendrillon les conseilla le mieux du monde et soffrit même à les coiffer, ce quelles voulu rentbien.

En les coiffant, elles lui disaient :

« Cendrillon, serais-tu bien aise daller au bal?

Hélas ! mesdemoiselles, vous vous moquez de moi ; ce nest pas ce quil me faut.

Tu as raison, on rirait si on voyait un Cucen- dron aller au bal. »

Une autre que Cendrillon les aurait coiffées de travers; mais elle était bonne ; elle les coiffa parfai­tement bien. Elles furent près de deux jours sans manger, tant elles étaient transportées de joie. On rompit plus de douze lacets, à force de les serrer, pour leur rendre la taille plus menue, et elles étaient toujours devant leur miroir.

Enfin lheureux jour arriva; on partit, et Cen­drillon les suivit des yeux, le plus longtemps quelle put. Lorsquelle ne les vit plus, elle se mit à pleurer. Sa marraine, qui la vit toute en pleurs, lui demanda ce quelle avait.

* Ce sont les modes du temps lauteur écrivait.