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Ah! sécria la bûcheronne, pourrais-tu bien toi-même mener perdre tes enfants? »

Son mari avait beau lui représenter leur grande pauvreté, elle ne pouvait y consentir; elle était pauvre, mais elle était leur mère.

Cependant, ayant considéré quelle douleur ce lui serait de les voir mourir de faim, elle y consentit, et alla se coucher en pleurant.

Le petitPoucetouït tout ce quils dirent, car, ayant entendu de dans son lit quils parlaient daffaires, il sétait levé doucement et sétait glissé sous lesca- belle de son père pour les écouter sans être vu. Il alla se recoucher et ne redormit pas de la nuit, son­geant à ce quil avait à faire. 11 se leva de bon ma­tin, et alla au bord dun ruisseau, il remplit ses poches de petits cailloux blancs, et ensuite revintà la maison. Un partit, et le petit Poucet ne décou­vrit rien de ce quil savait à ses frères.

Ils allèrent dans une forêt fort épaisse,, à dix pas de distance, on ne se voyait pas lun lautre. Le bûcheron se mit à couper du bois, et ses enfants à ramasserdesbroutilles 1 pourfairedes fagots. Le père

1 Petites branches de bois sec.