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navaient mangé, elle acheta trois fois plus de viande quil nen fallait pour le souper de deux personnes. Lorsquils furent rassasiés, la bûche­ronne dit :

«Hélas! sont maintenant nos pauvres en­fants? ils feraient bonne chère de ce qui nous reste . Mais aussi, Guillaume, cest toi qui les as voulu perdre; javais bien dit que nous nous en repen­tirions. Que font-ils maintenant dans cette forêt? Hélas! mon Dieu, les loups les ont peut-être déjà mangés! Tu es bien inhumain davoir perdu ainsi tes enfants! »

Le bûcheron simpatienta à la fin; car elle redit plus de vingt fois quil sen repentirait, et quelle lavait bien dit. Il la menaça de la battre si elle ne se taisait. Ce nest pas que le bûcheron 11e fût peut- être encore plus fâché que sa femme ; mais cest quelle lui rompait la tête, et quil était de lhu­meur de beaucoup de gens qui aiment fort les femmes qui disent bien, mais qui trouvent très- importunes celles qui ont toujours bien dit.

La bûcheronne était toute en pleurs : « Hélas! sont maintenant mes enfants, mes' pauvres en­fants?» Elle ledit une fois si haut, que les enfants,