— 94 —
parler, ni tourner la tète. 11 survint une grosse pluie qui les perça jusqu’aux os; ils glissaient à chaque pas, tombaient dans la bouc, d’où ils se relevaient tout crottés, ne sachant que faire de leurs mains.
Le petit Poucet grimpa au haut d’un arbre, pour voir s’il ne découvrirait rien : tournant la tète de tous côtés, il vit une petite lueur comme d'une chandelle, mais qui était bien loin par delà la forêt. 11 descendit de l’arbre, et lorsqu’il fut à terre il ne vit plus rien : cela le désola. Cependant, ayant marché quelque temps avec ses frères du côté qu’il avait vu la lumière, il la revit en sortant du bois.
Ils arrivèrent enfin à la maison où était cette chandelle, non sans bien des frayeurs : car souvent ils la perdaient de vue , ce qui leur arrivait toutes les fois qu’ils descendaient dans quelque fonds. Us heurtèrent à la porte, et une bonne femme vint leur ouvrir. Elle leur demanda ce qu’ils voulaient. Le petit Poucet lui dit qu’ils étaient de pauvres enfants qui s’étaient perdus dans la forêt et qui demandaient à coucher par charité. Cette femme, les voyant tous si jolis, se mit à pleurer, et leur dit:
« Ilélas! mes pauvres enfants, où êtes-vous ve-

