tout : on avait eu soin (lattacher une poulie à une des fenêtres de la tour, et on y avait mis une corde à laquelle les princesses attachaient un corhillon quelles descendaient chaque jour. Dans ce corhil­lon, on mettait leurs provisions pour la journée, et, quand elles lavaient remonté, elles retiraient avec soin la corde dans la chambre.

Nonchalante et Babillarde menaient dans cette solitude une vie qui les désespérait : elles sen­nuyaient à un point quon ne saurait exprimer; mais il fallait prendre patience : car on leur avait fait la quenouille si terrible, quelles craignaient que la moindre démarche un peu équivoque ne la fit casser.

Pour Finette, elle ne sennuyait point du tout: son fuseau, son aiguille et ses instruments de mu­sique lui fournissaient des amusements; et, outre cela, par lordre du ministre qui gouvernait lÉtat, on mettait dans le corhillon des princesses des let­tres qui les informaient de tout ce qui se passait au dedans et au dehors du royaume. Le roi lavait permis; et le ministre, pour faire sa cour aux prin­cesses, ne manquait pas dêtre exact sur cet arti­cle. Finette lisait toutes ces nouvelles avec empres-