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tout le monde en prit, rien ne soulageait Riche- Cautèle; au contraire, ses plaies semblaient s’envenimer de plus en plus et le faire souffrir longtemps.
Finette, après s’être dégagée de l’effroyable danger qu’elle avait couru, avait encore regagné heureusement le château où elle avait laissé ses sœurs, et n’y fut pas longtemps sans être livrée à de nouveaux chagrins. Les deux princesses mirent au monde chacune un fils, dont Finette se trouva fort embarrassée. Cependant le courage de cette princesse ne s’abattit point : l’envie qu’elle eut de cacher la honte de ses sœurs la fit résoudre à s’exposer encore une fois, quoiqu’elle en vit bien le péril. Elle prit, pour faire réussir le dessein qu’elle avait, toutes les mesures que la prudence peut inspirer : elle se déguisa en homme, enferma les enfants de ses sœurs dans des boîtes, et elle y fit de petits trous vis- à-vis la bouche de ces enfants, pour leur laisser la respiration; elle prit un cheval, emporta ces boites et quelques autres; elle arriva à la capitale du roi Moult-Benin, où était Riche-Cautèle.
Quand Finette fut dans cette ville, elle apprit que la manière magnifique dont le prince Bel-à-Voir

