que l’oisiveté était la mère de tout vice et la source de tous leurs malheurs.
La fée a jouta que, pour les empêcher de retomber jamais dans des malheurs pareils et pour leur faire réparer le temps qu’elles avaient perdu, elle allait les occuper d’une bonne manière. En effet, elle obligea les princesses de s’employer aux travaux les plus grossiers et les plus vils; et, sans égard pour leur teint, elle les envoyait cueillir des pois dans ses jardins et en arracher les mauvaises herbes. Nonchalante ne put résister au désespoir qu’elle eut de mener une vie si peu conforme à ses inclinations : elle mourut de chagrin et de fatigue. Babillarde, qui trouva moyen, quelque temps après, de s’échapper la nuit du château de la fée, se cassa la tète contre un arbre et mourut de cette blessure entre les mains des paysans.
Le bon naturel de Finette lui lit ressentir une douleur bien vive du destin de scs sœurs, et, au milieu de ses chagrins, elle apprit que le prince Bel-à-Voir l’avait fait demander en mariage au roi, son père, qui l’avait accordée sans l’en avertir; car, dès ce temps-là, l’inclination des parties était la moindre chose que l’on considérait dans les ma-

