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remettre son indigne peau, pour retourner à la mé­tairie. Heureusement le lendemain était un jour de fête; ainsi elle eut le loisir de tirer sa cassette, dar­ranger sa toilette, de poudrer ses beaux cheveux, et de mettre sa belle robe couleur du temps. Sa chambre était si petite, que la queue de cette belle robe ne pouvait pas sétendre. La belle princesse se mira et sadmira elle-même avec raison, si bien quelle résolut , pour se désennuyer, de mettre tour à tour ses belles robes les fêtes et les dimanches ; ce quelle exécuta ponctuellement. Fdle mêlait des fleurs et des diamants dans ses beaux cheveux, avec un art admirable; et souvent elle soupirait de nvoir pour témoins de sa beauté que ses moutons et scs dindons, qui laimaient autant, avec son hor­rible peau dâne, dont on lui avait donné le nom dans cette ferme.

Un jour de fête que Peau-dAne avait mis la robe couleur de soleil, le fils du roi, à qui cette ferme ap­partenait, vint y descendre pour sy reposer, en re­venant de la chasse. Ce prince était jeune, beau et admirablement bien fait, lamour de son père et de la reine sa mère, adoré des peuples. On offrit à ce jeune prince une collation champêtre, quil ac-