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La reine nacheva pas ce touchant discours sans mouiller le visage du prince dun torrent de lar­mes.

« Madame, lui dit enfin le prince avec une voix très-faible, je ne suis pas assez dénaturé pour dési­rer la couronne de mon père; plaise au ciel quil vive de longues années, et quil veuille bien que je sois longtemps le plus fidèle et le plus respectueux de ses sujets! Quant aux princesses que vous mof­frez, je nai point encore pensé à me marier; et vous pensez bien que, soumis comme je le suis à vos volontés, je vous obéirai toujours, quoi quil men coûte.

Ah! mon fils! reprit la reine, rien ne nous coûtera pour te sauver la vie; mais, mon cher fils, sauve la mienne et celle du roi ton père, en me déclarant ce que tu désires, et sois bien assuré quil te sera accordé.

Eh bien, madame, dit-il, puisquil faut vous déclarer ma pensée, je vais vous obéir; je me fe­rais un crime de mettre en danger deux êtres qui me sont si chers. Oui, ma mère, je désire que Peau- dAne me fasse un gâteau, et que, dès quil sera fait, on me lapporte. »