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Après un malheur si funeste,
Avec le souhait qui me reste,
Tout d’un plein saut me faire roi.
Rien n'égale, il est vrai, la grandeur souveraine; ^ Mais encore fàul-il songer Comment serait faite la reine ;
Et dans quelle douleur ce serait la plonger,
De l’aller placer sur un trône Avec un nez plus long qu’une ailne.
11 faut l’écouler sur cela,
Et qu’elle-même elle soit la maîtresse De devenir une grande princesse,
En conservant l’horrible nez qu’elle a,
Ou de demeurer bûcheronne Avec un nez comme une autre personne,
Et tel qu elle l’avait avant ce malheur-là.
La chose bien examinée,
Quoiqu’elle sût d’un sceptre et la force et l’effet.
Et que, quand on est couronnée,
On a toujours le nez bien fait ;
Comme au désir de plaire il n’est rien qui ne cède. Elle aima mieux garder son bavolet,
Que d’être reine et d’être laide.
Ainsi, le bûcheron ne changea point d’état,
> T e devint point grand potentat.

