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LE ROBINSON

din, et jétais chargé du soin de les arroser ; mais comme jétais alors un petit paresseux, je les laissais souvent manquer deau. Cette trouvaille devenait ici bien précieuse pour moi; mes yeux se mouillèrent de larmes de joie et de reconnaissance ; je pensai que Dieu, qui a soin de tous ses enfants, avait fait croî­tre pour moi cette plante nourrissante. Je len remerciai de tout mon cœur, et je me mis à déterrer autant de patates que mes poches eu purent contenir; jen remplis aussi mon mou­choir, et je fus délivré de la crainte de mourir de faim. Je ne prévoyais pas quavant long­temps je ne pourrais faire aucun usage de cet aliment, puisque, mon amadou épuisé, je n aurais plus la possibilité de faire du feu. Je n étais pas accoutumé à réfléchir, et, comme les animaux, je jouissais du présent sans son­ger à lavenir.

Je sortis du champ des pommes de terre et je côtoyai un ruisseau bordé de roseaux et de joncs ; il me conduisit à un bois que jeus beaucoup de peine à traverser, à cause des broussailles et des lianes entrelacées qui me