U. ROBINSON

56

de certaines plantes filandreuses qui crois­saient en abondance dans les t'entes des ro­chers. Je fis de cette manière une espèce de cloison à trois laces, niais elle était tout à jour; pour la rendre plus serrée et plus so­lide, jentrelaçai dautres branches dans tous les sens. Je parvins, à force de travail et de constance, à faire trois murailles assez fortes, solidement appuyées sur quatre colonnes ; le devant était encore tout ouvert, il sagis­sait de le fermer en partie et dy faire une es­pèce de porte; cétait le difficile, et mon imagination ne me fournissant aucun moyen, je m'assis devant mon imparfait ouvrage et je me mis à pleurer. Après avoir perdu une heure dans dinutiles plaintes, jeus honte de ma faiblesse. «Je ne suis pas encore un homme, me dis-je, mais je dois le devenir; mes forces augmenteront tous les jours, et ce qui me parait impossible à présent me de­viendra facile quand je serai plus grand. Je dois donc mécontenter de ce quejepuis faire, en attendant que lâge me donne de nouveaux moyens. » Le soleil inc brûlait pendant que