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LE ROBINSON
hes quand elle refusait d'avancer. Nous gagnâmes la cabane avant la nuit; j’attachai de nouveau ma prisonnière à un gros arbre planté dans un endroit sablonneux où l’on ne voyait pas un brin d 1 herbe. J’avais entendu dire que l’on domptait par la faim toute espèce d’animal; je décidai de laisser celui-ci sans nourriture jusqu'au lendemain, quoiqu'il m’en coûtât de faire jeûner ma nouvelle hôtesse, que je chérissais déjà et dont j'espérais me faire aimer. Quand je fus tranquille sur son compte, j’entrai chez moi avec mon compagnon, et je me couchai sur mon lit de feuilles, bien content de ma journée.
Le lendemain, au point du jour, je m occupai à ramasser de l'herbe fraîche pour le déjeuner de ma chèvre; je passai près d’elle; la pauvre bête était couchée sur le sable et paraissait fort abattue. Elle tourna vers moi des yeux languissants; je me hâtai de faire ma provision de fourrage; je lui présentai ies herbes que je venais de cueillir; elle les mangea avec avidité, et se laissa caresser

