DE DOUZE ANS.
107
vent, la campagne était inondée, et je marchais dans l’eau jusqu’aux genoux. Oh! combien je me trouvais heureux d’avoir une demeure solide qui pût me garantir de ces terribles orages! Je formai sur-le-champ le projet de la rendre encore plus close en bouchant, dans ces occasions, la fenêtre que j'y avais faite. J'éprouvais de vives inquiétudes pour ma cabane de feuillage, pour mon parc et pour mon bétail ; mais je ne pouvais voyager ce jour-là; il fallait laisser aux eaux le temps de s’écouler. Je pris le chemin du rivage; les flots agités y avaient entraîné une si grande quantité de coquillages que j’en lis une ample provision. J’avais vidé dans un coin de ma grotte le sac que j’avais trouvé plein de clous; il m’était très utile pour y mettre ce que je voulais emporter. Je le remplis celle fois de coquilles de Saint-Jacques, d'huîtres, de moules, et de certains coquillages qui, ayant la forme de couteaux, étaient fort tranchants, et pouvaient me tenir lieu du couteau que j'avais cassé.
Après avoir déposé tout cela dans ma ca-

