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franccs de mon père ; répands dans son cœur tes saintes consolations. *

Marie saperçut avec étonnement quun parfum agréable se répandait dans sa prison : elle se souvint alors que le matin il lui était resté de sa corbeille quelques boutons de roses et d'autres Heurs, dont elle avait fait un bou­quet pour se parer : cétaient ces fleurs qui exhalaient une si suave odeur. «Êtes-vous encore, fleurs chéries P s'écria-t-elle en remar­quant son bouquet; vous fallait-il aussi me sui­vre en prison? Quel a été votre crime? Ce qui du moins doit faire ma consolation, cest que je nai pas mérité mon sort plus que vous.* Elle détacha le bouquet, et le contempla à la douce clarté de la lune. «Hélas! dit-elle, ce matin en cueillant ces boutons de roses dan9 mon jardin, et en cherchant ces gerinandrées au bord du ruisseau voisin , qui aurait pu songer que le soir même je me trouverais au fond dun cachot ? Lorsque je tressai cette guirlande de fleurs, qui se serait imaginé quaujourdhui encore on me couvrirait de chaînes? Cest ainsi que tout dans ce monde est sujet à changer. Nul ne sait quel est le destin qui lattend; nul ne prévoit les tristes suites que peuvent entraîner les actions les plus innocentes. Certes, l'homme a bien sujet de se recommander chaque matin à la protec­tion de Dieu.*

Ses larmes recommencèrent à couler, elles tombèrent sur le bouquet quelle tenait à la

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