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il reprit ses forces, et bientôt il fut en état de se lever. Jamais il n’avait pu prendre sur lui de rester dans l’inaction ; il essaya de mettre en pratique son habileté à tresser des corbeilles. Marie lui chercha des branches de saule et de noisetier; n’écoutant que l’impulsion de la reconnaissance, son premier soin fut de tresser pour la fermière un joli panier; il réussit parfaitement. Le panier était fort et solide; au haut du couvercle Jacques avait tracé, au moyen de branches de saules d’un rouge vif, les lettres initiales du nom de la paysanne avec la date de l’année; puis il avait encore représenté sur l’un des côtés de la corbeille, en saules teints de diverses couleurs, une métairie couverte d’un toit de chaume et entourée de sapins. Tous les gens de la maison admiraient la beauté de ce travail, et la fermière surtout en était enchantée. Ce qui lui plaisait particulièrement, était l’allusion à sa ferme, que l’on désignait dans le voisinage sous le nom de métairie des sapins. Lorsque Jacques fut entièrement rétabli, il dit à ses hôtes bienfaisans : «Nous voilà depuis assez long-temps à votre charge; il est temps que je reprenne mon bâton de voyage.®Mais le paysan répondit en lui serrant la main : « Que dites-vous là, Jacques? j’espère que nous n’avons rien fait qui ait pu vous déplaire. Pourquoi vouler-vojis partir? Vous êtes un homme plein de sens; mais en cette occasion je ne vous reconnais point.® La fermière ajouta eu

